Invasion des institutions Brésiliennes – Opinion

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L’invasion des institutions brésiliennes par les bolsonaristes le 8 janvier 2023, une semaine après l’investiture du président élu Lula,  n’a rien d’exceptionnel. C’était quelque chose de prévu. Ce qui est exceptionnel, c’est que les différentes institutions mondiales n’ont rien fait pour éviter cette situation.

Une des réponses les plus communes parmi les Européen‧e‧s était « comme pour les USA, rien ne va arriver en réalité ». Ce qui pourrait être interprété comme un « déjà-vu », un « Capitol Hill 2.0 », est en réalité un épisode lié à l’histoire brésilienne que les démocraties européennes, souvent, ignorent. Il y a plusieurs raisons qui rendent ce cas extrêmement dangereux pour la démocratie brésilienne et l’équilibre géopolitique international.

Bolsonaro et la dictature militaire brésilienne

Ce qu’on oublie quand on parle du Brésil et quand on considère un coup d’État être comme une occurrence presque impossible, c’est son histoire : le Brésil a récemment subi 7 coups d’État, la plupart militaires. Les forces militaires brésilienne ont organisé trois coups d’État : le premier en 1930, le deuxième en 1945, et le troisième en 1964. Après le coup de 1964 (soutenu par les États-Unis), une dictature militaire d’extrême-droite est restée au pouvoir jusqu’au 1985, en causant des centaines de mort‧e‧s et beaucoup plus emprisonné‧e‧s.
Bolsonaro faisait partie des forces militaires brésiliennes à l’époque, complice de la dictature. Pendant ses 5 ans au pouvoir, il a nié la dictature militaire (en disant que ce n’était pas une dictature), il a dédié un de ses discours à un des plus grands bourreaux de la dictature militaire, il a formé un gouvernement avec plusieurs membres des forces militaires et il a osé nier tous les crimes commis par les militaires.
Avec l’histoire des coups d’État du Brésil, et les liens militaires de Bolsonaro, il était plus qu’attendu que Bolsonaro allait essayer de faire un coup d’État. Tellement attendu, que quand Lula a gagné les élections en 2022, les président‧e‧s des plus importantes nations du monde l’ont rapidement congratulé pour légitimer sa victoire aux yeux de tous‧tes, sachant pertinemment que Bolsonaro contesterait les résultats et encouragerait un coup d’État.

La menace bolsonariste

Au delà de la situation historique que l’on constate ici, Bolsonaro a donné trop d’indices sur ses intentions. Les institutions n’ont pas d’excuses.
Parmi tous ces indices, le plus important est sûrement le fait que Bolsonaro avait, il y a un an, prédit qu’il perdrait les élections parce que le Parti Travailliste les truquerait. Il préparait le terrain pour sa défaite, comme l’avait fait Trump et comme cela devient de plus en plus fréquent parmi les partis d’extrême-droite.
Bolsonaro a créé un culte de la personnalité basé sur des mensonges.Cette tactique est une mode qui devient de plus en plus récurrent, cependant le fait que ça n’ai pas marché dans d’autres pays n’est pas une excuse pour l’ignorer : au contraire, le Brésil pourrait se révéler le maillon faible qui tombe sous la pression à cause de son histoire, et ensuite la première pièce d’un domino.
Écolo j se positionne contre toutes les actions visant à fragiliser la démocratie, et demande une prise de position du gouvernement belge et de l’Union Européenne en solidarité envers le récemment et légitimement élu Président du Bresil Lula da Silva.
– Article écrit par João Pedro Antonucci Rezende, membre délégué international écolo j.

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