Le racisme et les violences policières aussi présents dans nos écoles

Agenda

Le 5 septembre, à Nalinnes (en Belgique), Mathis, 9 ans, a été plaqué au sol par la police. Les images qui circulent sur les réseaux sont très violentes et nous rappellent que le racisme et les violences policières sont malheureusement aussi présentes dans nos écoles, elles rappellent également les épisodes dramatiques de la méthode du plaquage ventral utilisée aux Etats-Unis notamment sur George Floyd et plus proches de nous, en France, sur Adama Traoré, Cédric Chouviat… 
Encore une fois, l’actualité nous rappelle que l’institution policière est synonyme de violence et de domination. Sauf que cette fois-ci, les violences policières ont touché un enfant.
Cet évènement (re)met en lumière de nombreux problèmes et les indispensables décisions politiques pour que de telles violences n’aient plus jamais lieu. écolo j dénonce le système actuel de racismes institutionnel et de violence policière et réitère les mesures indispensable pour changer le système défendu dans sa position contre les violences policières. écolo j dénonce :

Rôle de l’institution scolaire 

La non réaction des membres du personnel de l’école fasse à des paroles racistes et l’action de faire appel à la police par la direction nous questionne sur la gestion du racisme dans l’établissement scolaire et de manière plus générale dans le système institutionnel scolaire. Des statistiques indiquent la plus forte présence d’élèves d’origine étrangère dans l’enseignement spécialisé. Celles-ci nous posent immédiatement question: quelle est la part de racisme institutionnel sur l’envoi dans l’enseignement spécialisé.  (En théorie, l’enseignement spécialisé a été créé pour les élèves « à besoins spécifiques », c’est-à-dire qui ont certaines particularités nommées « handicaps » ou « troubles ». Le type 3 dans lequel Mathis est scolarisé vise les enfants dits ayant  des troubles du comportement.) 

La disproportionnalité de l’action de l’établissement scolaire et de la police

Tout parent ou tout adulte est, un jour ou l’autre confronté avec ces enfants (ou d’autres) à un énervement, menant parfois à de la casse ou à des gestes ou des paroles grossières.  Ceux-ci ne sont pas acceptés et demandent discussion et prise de conscience par l’enfant de l’erreur.
Il n’est pas tolérable que la réponse à une erreur d’enfant soit d’une telle violence. 
Il n’est pas tolérable qu’un enfant ne puisse pas se sentir en sécurité dans l’institution scolaire belge. 
Il n’est pas tolérable qu’un enfant ne soit pas en sécurité face à des policiers. 
Il n’est pas tolérable que des parents ne puissent pas être certains que leurs enfants sont en sécurité à l’école. 
La disproportion des réactions de ces deux institutions publiques belges n’est pas tolérable. On entend régulièrement les policiers expliquer  que les méthodes violentes sont utilisées pour maîtriser un individu qui pourrait devenir incontrôlable et attaquer les policiers.
Comment expliquer une telle violence sur un enfant ? Quelle menace représente un enfant pour les policiers? Les éléments ci-dessus,  amènent à se  demander si le policier aurait agit de la même manière avec un enfant non-racisé? 
Pour nous c’est clair, il s’agit d’un acte raciste qui s’inscrit dans l’acharnement systémique des policiers sur les personnes racisées. L’acceptation de la violence policière sur l’un des élèves de l’établissement dont elle avait la responsabilité par la directrice de l’école dénote également au minimum d’une acceptation du racisme au pire d’une inégalité de traitement raciste entre élèves de son établissement.
N’oublions pas que le point de départ de cette violence sont des propos racistes d’un enfant à un autre et d’une non-intervention des membres de l’équipe éducative. 
A l’heure ou notre société avance vers l’interdiction de toute violence envers les enfants (loi anti-fessée) , comment pouvons-nous justifier le plaquage ventral d’un agent de police sur un enfant

Adultification de Mathis et infantilisation de la mère

Le visionnage de la vidéo visibilise le comportement raciste de l’institution scolaire et de la police. 
De nombreuses études montrent qu’il est commun dans nos sociétés de traiter les enfants racisé‧e‧s comme des adultes. Sexualisés dans le cas des petites filles, et adultifiés dans le cas des petits garçons. Les enfants racisé‧e‧s n’ont pas le droit à la présomption d’innocence enfantine. Ce qui se passe avec Mathis en est un exemple criant. On lui parle comme à un adulte et ses actes (doigt d’honneur et vase cassé) sont sanctionnés comme ceux d’un adulte « dangereux ». Position humiliante et symboliquement très violente (qui n’est pas sans rappeler les images de Georges Floyd avant sa mort). Inversement, la mère de Mathis est infantilisée. On lui parle comme si elle ne comprenait pas le français, attitude trop souvent commune en direction des mères perçues comme racisées (et forcément étrangère), niant son rôle de mère.

Droit de filmer la police

écolo j est pour la protection du droit de filmer la police. 
Cet affaire de violences policières.nous montre que ce droit doit absolument être protégé par notre législation. Ces images sont aujourd’hui la preuve du racisme institutionnel et structurel présent dans notre société. 
Les images qui ont été filmées par la mère et qui circulent sur le web sont violentes, mais importantes. En effet, elles permettent de « prouver » que les violences policières existent. Par contre, ces images conduisent aussi à « l’habituation » à la maltraitance des corps noirs.  On commence à être habitué·e·s de voir des images comme celles-là, ce qui n’est pas normal. 

Racisme institutionnel  et violences policières 

L‘institution  scolaire, est censée promouvoir et appliquer l’équité entre les élèves. Ici elle s’illustre par du racisme flagrant, d’abord d’un élève à un autre, ensuite de l’institution envers les parents et un enfant
UNIA le signale régulièrement, les discriminations racistes envers les élèves sont encore beaucoup trop présents dans nos établissements scolaires.  L‘institution policière quant à elle s’illustre régulièrement par des propos et des actions racistes ainsi que par une impunité des  actes de violences policières.
En Belgique, les personnes originaires du continent africain sont 4 à 8 fois plus exposées au profilage ethnique  que le reste de la population. 
écolo j défend la mise en place des récépissés pour objectivé le contrôle au facies et l’acharnement policier envers les personnes issues de groupes racisés.

La plainte de la police contre la maman de Mathis

Selon plusieurs sources médiatiques, la police songerait à porter plainte contre la maman pour « bashing », ou autrement dit diffusion des vidéos. Cette démarche nous rappelle que l’accès à la justice est inégale, en effet, une plainte engendre des coûts pour les familles victimes de violences policières. Les dépenses de justice des travailleurs‧euses de l’institution policière sont pour leur part prit en charge par celle-ci c’est à dire par l’État. Ces mécanismes mettent les familles dans une forte précarité, dans le cas de Mathis, sa maman a d’ailleurs lancé une cagnotte pour demander un soutien financier dans cette épreuve qui sera financièrement coûteuse (lien vers la cagnotte).
Jusqu’à présent, le parquet poursuit son enquête à l’encontre de Mathis et de sa mère, alors que cette enquête n’est pas clôturé, le parquet à déjà annoncé que les policiers ne seraient pas poursuivi. 
Cela démontre la nécessité d’avoir un·e magistrat·e dédié aux violences commises par le corps policier. Comme nous le rappelons dans notre position, les liens entre police et parquet sont trop étroits pour favoriser une réelle impartialité dans le chef du ministère public. 

Conclusion

écolo j exige  : 
La création d’un Comité C
Pour l’heure, aucune des instances censées contrôler le fonctionnement de la police n’a réagi dans cette affaire. Nous pensons que la présence de policiers ou d’anciens policiers dans la plupart de ces organes de contrôles empêchent une analyse objective des faits. De ce fait, nous demandons la créations d’organes regroupant entre autres des citoyen·e·s et des membres de la société civile. Un tel organe serait plus cohérent car impliquant plusieurs composantes de notre société afin de discuter de problèmes dans lesquels ils et elles sont acteurs·ices. 
La protection du droit de filmer la police
Les cas de violences policières dans lesquels les vidéos ont joué un rôle sont légions. Sans ces vidéos, les faits auraient sans doute été minimisés, comme c’est déjà le cas dans la plupart des affaires de violences policières.  De ce fait, le droit de filmer la police doit être garanti et protégé, il s’agit en fait d’un acte de légitime défense face à l’impunité dont jouissent les agent·e·s de police et à l’injustice que subissent les victimes de violences policières.
L’amélioration et l’allongement de la formation des policiers‧ères
Cette affaire démontre la nécessité pour les agent·e·s de police d’être mieux formé·e·s. En effet, la loi n’autorise les policiers·ères à user de la force que dans un contexte « raisonnable et proportionnée à l’objectif poursuivi », il nous semble ici que l’action du policier, à savoir opérer un plaquage ventral sur un enfant de 9 ans, n’était ni raisonnable ni proportionnée. Il doit également tenir compte des risques, il nous semble ici que le policier n’encourait aucun danger face à un enfant. C’est par contre Mathis qui risque de se retrouver avec des séquelles psychologiques importantes. 
Il nous semble donc primordial d’améliorer et d’allonger la formation des agent·e·s de police afin d’y inscrire, entre autres, les dimensions raciales qui peuvent intervenir dans leur travail. 
La création d’un·e Procureur·e spécial‧e en charge exclusivement des dossiers de violences policières
La réaction du parquet est très interpellante, en effet, ce dernier à décidé de ne pas poursuivre l’agent de police qui a plaqué Mathis au sol. Comme nous le rappellons dans notre position, la police et le parquet sont beaucoup trop interdépendants. Le parquet a besoin de la police pour ses enquêtes. Ces liens trop étroits ne favorisent pas selon nous une réelle impartialité de la justice dans les cas où la police est incriminée.
La diminution de la présence policière
La police est trop présente dans notre société, elle intervient dans un champ beaucou trop large de la vie quotidienne. Nous pensons que lorsque d’autres structures peuvent prendre le relais, la police n’est pas du tout nécessaire. Dans le présent cas il est abérant de constater que la police puisse intervenir dans une école pour apréhender un enfant de 9 ans. Dans ce cas, l’école doit pouvoir être en mesure de réagir pour opérer un arbitrage correct.

Dimanche 01/10 un rassemblement est organisé par le comité citoyen et associatif en soutien à Rita et Mathis. Celui-ci se tiendra de 14h à 16h Place Poelart à Bruxelles. écolo j sera présente pour soutenir Mathis et sa mère Rita dans leur combat pour que je justice soit faite !

Nos thématiques

Voir toutes les thématiques